Dans la sourate Ar-Ra'd (13:3), le Coran déclare : « Et de tous les fruits Il a établi deux éléments de couple » (وَمِن كُلِّ الثَّمَرَاتِ جَعَلَ فِيهَا زَوْجَيْنِ اثْنَيْنِ). Ce verset affirme que les fruits, et plus largement les plantes, existent en couples complémentaires.
Le contexte historique
Au VIIe siècle, la reproduction des plantes était un mystère complet. Les anciens Grecs, dont Aristote et Théophraste, avaient des théories vagues sur la génération spontanée des plantes. On croyait que les plantes se reproduisaient de manière asexuée, par bouturage ou par graines tombées au sol.
Le Coran, en affirmant que les fruits sont créés « en couples » (زَوْجَيْنِ), introduit une notion révolutionnaire pour l'époque : l'existence d'une complémentarité sexuelle dans le règne végétal.
La découverte scientifique
Ce n'est qu'en 1694 que le botaniste allemand Rudolf Jakob Camerarius démontra expérimentalement la sexualité des plantes dans son ouvrage De sexu plantarum epistola. Il prouva que les étamines (organes mâles) et les pistils (organes femelles) sont nécessaires à la production de graines fertiles.
En 1751, le naturaliste suédois Carl von Linné (Linnaeus) développa un système de classification des plantes basé sur leurs organes sexuels, confirmant définitivement la sexualité végétale. Il écrivit : « Les étamines et les pistils sont les organes de la génération des plantes ».
La botanique moderne a confirmé que la grande majorité des plantes à fleurs (angiospermes) sont hermaphrodites ou dioïques, avec des organes mâles et femelles distincts. La pollinisation croisée, découverte par les travaux de Camerarius et confirmée par ceux de Darwin au XIXe siècle, est essentielle à la diversité génétique des plantes.
La portée du verset
Le verset 13:3 mentionne spécifiquement les « fruits » (الثَّمَرَاتِ), qui sont le produit final de la reproduction sexuée des plantes. Le fruit ne se forme qu'après la fécondation de l'ovule par le pollen, un processus qui implique nécessairement une complémentarité mâle-femelle.
Le Coran mentionne également dans la sourate Ya-Sin (36:36) : « Louange à Celui qui a créé tous les couples de ce que la terre fait pousser » (سُبْحَانَ الَّذِي خَلَقَ الْأَزْوَاجَ كُلَّهَا مِمَّا تُنبِتُ الْأَرْضُ), confirmant que la complémentarité sexuelle s'étend à tout le règne végétal.
Cette connaissance de la sexualité végétale, révélée au VIIe siècle, n'a été confirmée par la science qu'à partir du XVIIe siècle, soit plus de mille ans plus tard.