Le Coran déclare dans la sourate Al-Baqarah (2:173) : « Certes, Il vous a interdit la bête morte, le sang, la chair de porc, et ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah. » Cette interdiction, révélée au VIIe siècle, est souvent présentée comme relevant d'une sagesse hygiénique et sanitaire.
La science moderne documente en effet des risques sanitaires associés à la consommation de porc, principalement d'origine parasitaire et virale. La trichinose, causée par le parasite Trichinella spiralis, se contracte par la consommation de viande de porc insuffisamment cuite. La cysticercose, due au ténia Taenia solium, est reconnue par l'OMS comme une maladie négligée pouvant entraîner des complications neurologiques graves (neurocysticercose).
Le virus de l'hépatite E, dont le porc est un réservoir majeur, est également transmis par la consommation de viande de porc ou d'abats insuffisamment cuits. L'OMS et l'EFSA ont documenté cette voie de transmission.
Il convient toutefois d'apporter une nuance scientifique importante. L'élevage moderne, les contrôles vétérinaires et une cuisson adéquate (à cœur, au-delà de 71 °C) réduisent considérablement ces risques. Dans les pays où ces normes sont appliquées, la consommation de porc bien cuit présente un risque faible. La science ne peut donc pas affirmer que la chair de porc est « intrinsèquement » dangereuse dans toutes les conditions.
L'interdiction coranique est absolue et relève d'abord de l'obéissance religieuse. La sagesse sanitaire qu'elle recèle est réelle — notamment dans les contextes où l'élevage et la cuisson ne sont pas maîtrisés — mais elle doit être présentée comme une sagesse préventive, et non comme une preuve scientifique absolue de nocivité en toutes circonstances.
Note de prudence : La convergence est fragile si elle est présentée en absolu. Les risques parasitaires et viraux existent et sont documentés, mais l'élevage moderne et la cuisson les réduisent fortement. Il faut présenter cette interdiction comme une sagesse préventive et un acte d'obéissance, sans sur-interpréter la science.