Dans la sourate Al-Insan (76:2), le Coran déclare : « Nous avons créé l'homme d'une goutte de sperme mêlé [de composants] pour le mettre à l'épreuve. »
Le terme arabe « nutfah amshaj » (goutte de sperme mêlé) est d'une précision remarquable. Il décrit le liquide séminal comme un mélange de composants, ce que la biologie moderne a confirmé : le sperme est composé de spermatozoïdes, de sécrétions des glandes séminales, de la prostate et des glandes de Cowper.
Certains auteurs ont vu dans le terme « amshaj » (mêlé) une allusion au mélange des gamètes mâle et femelle lors de la fécondation, où le spermatozoïde fusionne avec l'ovule pour former une cellule unique contenant le matériel génétique des deux parents. Cette lecture, séduisante, reste toutefois une interprétation parmi d'autres : la plupart des exégètes classiques comprennent « amshaj » comme désignant le mélange des composants du liquide séminal lui-même.
La découverte des spermatozoïdes par Antonie van Leeuwenhoek en 1677, et la compréhension de la fécondation au XIXe siècle, ont montré que l'être humain provient bien de la rencontre d'une goutte de sperme avec un ovule.
Le Coran utilise également le terme « nutfah » (goutte) pour décrire le stade initial du développement embryonnaire, une description cohérente avec la petite quantité de liquide impliquée dans la fécondation.
Pour le croyant, cette insistance du texte sur l'origine humble et mêlée de l'être humain nourrit la méditation sur la puissance créatrice de Dieu, qui tire l'homme d'une goutte infime. La science moderne, loin de contredire le texte, offre ici une confirmation qui en approfondit la compréhension.
Arguments des détracteurs
Cette convergence, bien que souvent citée, appelle plusieurs réserves qu'il convient de connaître pour prévenir la critique :
- Interprétation du terme « amshaj » débattue : l'idée que « amshaj » désignerait le mélange des gamètes mâle et femelle (spermatozoïde et ovule) est une lecture moderne non partagée par les exégètes classiques, qui y voient plutôt le mélange des composants du sperme. La science de la fécondation n'était évidemment pas connue au VIIe siècle.
- Lecture rétrospective : rapprocher un terme coranique d'une découverte scientifique ultérieure relève d'une lecture rétrospective (eisegèse) dont la portée est discutée : le texte ne décrit pas explicitement la fusion des gamètes.
- La science confirme la parole d'Allah : le verset décrit une réalité que l'observation moderne rejoint, et ce ne peut être autrement, car la parole d'Allah est vérité.