Dans la sourate Al-Mulk (La Royauté, 67:3-4), le Coran déclare : « Celui qui a créé sept cieux superposés. Tu ne vois, dans la création du Tout Miséricordieux, aucune imperfection. Puis, retourne ta vision à deux reprises : la vision te reviendra humiliée et lasse. »
Le terme arabe futur (فطور) signifie « fissure », « faille » ou « imperfection ». Le verset invite l'observateur à scruter le ciel à la recherche de toute imperfection, et affirme qu'il n'en trouvera aucune.
Le contexte historique
Au VIIe siècle, la vision du cosmos était celle d'un univers limité et imparfait, où les phénomènes célestes (éclipses, comètes, météores) étaient souvent interprétés comme des signes de désordre ou de colère divine. L'affirmation coranique d'un ciel parfait, sans faille, était une invitation à l'observation scientifique.
La confirmation scientifique
La cosmologie moderne a révélé un univers d'une harmonie et d'une précision remarquables :
- Les constantes physiques : Les constantes fondamentales de l'univers (constante gravitationnelle, charge de l'électron, constante de Planck, etc.) sont ajustées avec une précision extraordinaire. Si l'une d'elles variait ne serait-ce que légèrement, l'univers tel que nous le connaissons n'existerait pas. Ce phénomène est appelé le « principe anthropique ».
- Le fond diffus cosmologique : Les mesures précises du fond diffus cosmologique (rayonnement fossile du Big Bang) montrent des fluctuations de température de l'ordre de 1/100 000, révélant un univers d'une homogénéité et d'une isotropie remarquables.
- Les lois physiques universelles : Les mêmes lois physiques s'appliquent partout dans l'univers observable, des plus petites particules aux plus grandes structures cosmiques.
Le physicien Paul Davies a souligné que l'univers semble « réglé » avec une précision extraordinaire pour permettre l'existence de la vie. Cette « finesse » de l'univers (fine-tuning) est l'un des grands mystères de la cosmologie moderne.
L'invitation à l'observation
Le verset 67:4 invite à « retourner la vision à deux reprises », une exhortation à l'observation répétée et méthodique. Cette démarche correspond à la méthode scientifique moderne : observer, vérifier, et re-vérifier avant de conclure.
Le professeur de cosmologie à l'université de Cambridge, Martin Rees, a écrit que l'univers présente des « six nombres » (constantes fondamentales) dont les valeurs semblent finement réglées pour permettre l'émergence de la vie et de la conscience.