Dans la sourate Yunus (10:61), le Coran déclare : « Il n'échappe à ton Seigneur ni le poids d'un atome sur terre ni dans le ciel, ni un poids plus petit que cela ni plus grand, qui ne soit dans un Livre explicite » (وَمَا يَعْزُبُ عَن رَّبِّكَ مِن مِّثْقَالِ ذَرَّةٍ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ وَلَا أَصْغَرَ مِن ذَٰلِكَ وَلَا أَكْبَرَ إِلَّا فِي كِتَابٍ مُّبِينٍ).
Le terme arabe dharra (ذَرَّة) désigne la plus petite particule concevable, traditionnellement traduit par « atome ». Le verset affirme que la connaissance de Dieu englobe même cette unité infime, ainsi que tout ce qui est plus petit ou plus grand.
Le contexte historique
Au VIIe siècle, le concept d'atome était purement philosophique. Les philosophes grecs Démocrite et Leucippe avaient proposé l'idée d'atomes indivisibles au Ve siècle avant J.-C., mais cette théorie n'était qu'une spéculation sans fondement expérimental, rejetée par Aristote et largement oubliée.
Le Coran, en mentionnant le « poids d'un atome » (مِثْقَالِ ذَرَّةٍ), introduit une notion remarquable : non seulement l'existence de l'atome, mais aussi son poids (mithqal), c'est-à-dire sa masse mesurable.
La découverte scientifique
Ce n'est qu'au XIXe siècle que la théorie atomique fut formulée sur des bases scientifiques. En 1803, John Dalton proposa sa théorie atomique. En 1897, J.J. Thomson découvrit l'électron. En 1911, Ernest Rutherford découvrit le noyau atomique, et en 1913, Niels Bohr proposa son modèle planétaire de l'atome.
La physique quantique du XXe siècle révéla une structure encore plus fine : protons, neutrons, quarks et autres particules subatomiques. Le verset mentionne « ni un poids plus petit que cela ni plus grand » (وَلَا أَصْغَرَ مِن ذَٰلِكَ وَلَا أَكْبَرَ), ce qui correspond à la découverte moderne des particules subatomiques plus petites que l'atome (quarks, électrons) et des structures plus grandes (molécules, cellules).
Le même verset apparaît dans la sourate Saba (34:3) : « ...et il n'y a ni le poids d'un atome, ni moins que cela, ni plus, dans les cieux ni sur la terre, qui ne soit dans un Livre explicite ». La sourate Az-Zalzalah (99:7-8) précise que « quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra ».
La racine arabe (ذ ر ر) apparaît 38 fois dans le Coran sous trois formes dérivées, témoignant de l'importance de cette notion dans le texte sacré.